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Un "déficit institutionnel" ? La reconnaissance tardive du genre comme objet de recherche scientifique

Le terme « genre » (en japonais : jenda, qui se prononce : jenda), désigne un concept encore peu familier aux Japonais en général. Comment s'en étonner, le vocable - calqué sur l'anglais « gender » - étant lui-même d'emprunt. Ce qui, en revanche, peut paraître plus surprenant est le retard pris par l'université et la recherche japonaises pour reconnaître et s'approprier le concept. Si le terme « jenda » fait son entrée dans le prestigieux dictionnaire japonais Kojien dès 1991, il faudra en effet attendre le passage au second millénaire pour que le concept, officiellement reconnu comme objet de recherche scientifique (2000), soit définitivement inscrit dans la grille d'attribution des Bourses du gouvernement pour la recherche scientifique (2002).

Le ministère japonais de l'Éducation et de la Science (http://www.mext.go.jp/english/index.htm) - dans le cadre du Programme d'excellence 21, destiné à intensifier la compétitivité des universités japonaises et à renforcer leur rôle sur la scène académique internationale - a ainsi accordé à l'Université de Tohoku (Sendai), notammnent, un fonds substantiel devant financer les travaux du Gender Law and Policy Center, pour une période initiale de cinq ans.

À noter que l'Université féminine d'Ochanomizu (Tokyo), elle aussi bénéficiaire d'un financement spécial dans le cadre du Programme d'excellence 21, reste une des rares pionnières en la matière : université publique fondée en 1875, l'École doctorale de sa Faculté des Sciences humaines dispose aujourd'hui d'un Département des Études sur le Genre. Son Institut pour les Études sur le Genre, réorganisé en 1996, conduit actuellement un projet de recherche intitulé « Aux frontières des Études sur le Genre (F-GENS) : Reconfigurations globales des concepts de 'femme', de 'famille', de 'communauté', et d' 'État' » (http://www.igs.ocha.ac.jp/f-gens/top/outline.html).

L'institutionnalisation des études sur le genre reste toutefois loin d'être pleinement satisfaisante au Japon : sur les 649 universités que compte le pays, aucune encore, au niveau du premier cycle, n'offre de formation dans le domaine des études sur les femmes ou des études sur le genre. De même, sur les 346 écoles doctorales, seulement trois offrent une formation dans ces domaines.

Un « déficit institutionnel » sans doute dommageable dans un pays confronté à des défis comme le vieillissement de la société, l'internationalisation, la fragmentation du marché du travail, et la perméabilité au développement rapide de nouvelles technologies.